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Le Bon Berger

"Pierre, m'aimes-tu ?" Jean 21, 15-19

Dans cet ultime chapitre de l’évangile de Jean, Jésus choisit en Pierre son "successeur". Un successeur qui n’en est pas totalement un parce que Jésus ne va pas disparaître de son église. Il y sera au contraire présent "jusqu’à l’accomplissement du temps" (Matthieu 28, 20). Mais il faut que, de génération en génération, un "berger" guide et accompagne les brebis, au nom du Christ, avec Lui et en Lui. En demandant à Pierre d’être le berger de son troupeau, Jésus sait de quoi il parle : il s’est lui-même présenté, dans l’évangile de Jean, comme "le bon berger" qui "donne sa vie pour ses brebis" ( Jean 10).

En arrière-fond de notre page d’évangile, figurent plusieurs textes de l’Ancien Testament, et tout particulièrement celui où David trouve un remplaçant auprès de son troupeau. En effet, alors qu’il n’est encore qu’un tout jeune berger pour le compte de son père, David est envoyé par ce même père, Jessé, sur le front de l’armée, afin de faire parvenir à ses frères soldats un peu de ravitaillement. Pour accomplir cette nouvelle mission, il recrute un berger qui gardera les moutons à sa place ( 1 Samuel 17, 20). On peut supposer qu’il avait une certaine exigence dans son choix. Lui-même s’explique bientôt devant le roi Saül sur sa tâche de pasteur et témoigne qu’il a bien souvent risqué sa vie pour ses brebis ; il les arrachait aux crocs des prédateurs et s’exposait ainsi à être lui-même dévoré à leur place ( 1 Samuel 17, 34-37). Ces propos de David sont repris par Jésus quand il se dit le bon berger ( Jean 10, 11-15).

Vocabulaire contrasté

La passation sous l’égide du messie a donc ses lettres de noblesse ! Elle nous situe en tout cas en dehors de rites ou de dispositions administratives. Jésus aujourd’hui instaure un dialogue d’homme à homme avec Pierre. Il choisit lui-même celui qui sera berger après lui. On a souvent commenté le vocabulaire de leur échange : deux mots différents sont traduits par "aimer" en français. Le verbe qu’emploie Jésus ("Pierre m’aimes-tu ?") est agapô en grec ; le verbe par lequel Pierre répond est philô ("tu sais bien que je t’aime"). Certains commentateurs ont récemment déclaré que ces verbes étaient interchangeables, mais il semble bien qu’il n’en est rien. De toute manière, leur usage contrasté (Pierre pourrait reprendre le verbe employé par jésus, mais il ne le fait pas) indique suffisamment qu’une différence, une dénivellation, est mise en scène entre les propos de l’un et ceux de l’autre.

Le verbe agapô se spécialise dans le Nouveau Testament pour désigner l’amour dont le Christ est l’objet de la part du Père, l’amour dont le Christ fait preuve pour ceux qu’il rencontre. Cet amour s’exprime dans le don de soi, l’offrande sans retour de sa personne. L’autre verbe, philô, est bien connu dans la langue grecque ; il désigne un registre de relation que l’on trouve dans les sociétés anciennes : philô, c’est être en relations amicales avec des camarades – les gens de sa classe d’âge, de son village, de sa famille, de son parti. Le terme peut éventuellement impliquer des sentiments, mais il renvoie d’abord à des appartenances sociales, communautaires. Un roi peut ainsi en "aimer" un autre, au sens où il entretient de bonnes relations diplomatiques avec un collègue royal (cf. 1 Rois 5, 15). "Es-tu disposé à donner ta vie pour moi ?" demande en quelque sorte Jésus ; et Pierre de lui répondre en substance : "Tu sais bien que je suis en bons termes avec toi" ("nous sommes bien collègues", dirait-on en Provence).

Par deux fois, Jésus pose sa question avec le verbe agapô et par deux fois Pierre répond avec le verbe philô. La troisième fois, Jésus utilise le verbe philô, "et Pierre fut chagriné parce que, la troisième fois, il avait dit “philô”" ( Jean 21, 17).

Ceci n’est pas une version officielle

Notre texte n’a donc rien d’une version officielle. Le successeur du messie n’est pas désigné dans le secret des hautes sphères ; il n’est pas institué selon un processus de fait accompli, il n’apparaît pas comme un maréchal incontestable. On assiste à la tractation entre les deux hommes, et celle-ci n’a rien d’immédiat, d’évident. Jésus veut que Pierre soit le berger de ses brebis, et pourtant ce désir est, littéralement, en question. Il faut que Jésus pose trois fois sa question avant de conclure. Il faut que Pierre s’entende lui-même dire ces paroles : "oui, je suis en bons termes avec toi". Elles signalent à la fois une certaine bonne volonté de Pierre à l’égard de Jésus, un attachement, et aussi une différence de registre par rapport à ce que Jésus demande.

Les trois étapes du questionnement renvoient aussi, bien sûr, aux trois reniements de Pierre ( Jean 18, 15-18 et 25-27). On ne peut pas passer sous silence cet épisode quand le successeur pressenti est aussi l’homme qui a publiquement attesté quelques jours plus tôt, en jurant ses grands dieux, qu’il ne connaissait pas Jésus. Pierre est mis en chemin entre ses trois dénégations, les trois affirmations de ses "bonnes relations" avec Jésus et une étape à laquelle il n’est pas arrivé : aimer (agapô), aimer Jésus en lui donnant sa vie.

Discernement, vérité

Au moment de devenir le pasteur du troupeau, Pierre est présenté dans sa vérité. Si l’on prend en compte toutes les données des évangiles, Pierre s’est plusieurs fois targué d’avoir de meilleures idées que Jésus sur ce qu’il fallait faire (ne pas aller à Jérusalem, par exemple, alors que Jésus se proposait d’y aller) ; il a manifesté son opposition, son désir de contrôle sur les situations et les gens (cf. après notre passage encore à propos du "disciple que Jésus aimait" : Jean 21, 20-22). Jésus l’a même un jour remis à sa place vigoureusement en l’appelant "satan" (Matthieu 16, 23), ce qui donne une idée de leurs relations parfois tendues, conflictuelles. Pierre a aussi reconnu Jésus comme messie ou christ, favorisé qu’il fut d’une révélation venue du Père (Matthieu 16, 16-17). Et Jésus lui a tout de suite annoncé qu’il était la pierre sur laquelle reposerait son église. On le voit donc : Jésus ne constitue pas sur Pierre un dossier avec des "plus" et des "moins", des choses à améliorer et d’autres qui prouveraient les bons côtés de Pierre. Pierre est fragile, rebelle, versatile, mais tout lui est tout de suite promis par Jésus.

Jésus prend Pierre comme il est. L’attachement que Pierre manifeste envers Jésus n’est pas vraiment l’amour dont Jésus parle, mais il est bien réel et le Christ s’en contente. Pierre a une propension à dominer : le Christ l’institue berger. Mais Pierre fera l’expérience que le chemin où il s’avancera n’est pas livré à sa seule décision. Un jour, il sera "emmené là où il ne voudrait pas aller". Comme lorsqu’il rechignait à laisser Jésus aller à Jérusalem, Pierre traînera encore les pieds, mais il ira et glorifiera Dieu ainsi ! Paul s’exprime tout différemment, lui qui affirme qu’il court pour arriver au but et y recevoir la couronne impérissable. Chacun est différent : l’un est prompt et prêt, l’autre plus gourd et rétif, mais tous arriveront au but.

Une condition est requise : ne pas mentir ou prétendre être autre que ce que l’on est. "Je donnerai ma vie pour toi" disait Pierre, "même si tous t’abandonnent, moi non", ajoutait-il. Et Jésus de lui annoncer qu’il renierait par trois fois avant le chant du coq. Aujourd’hui, Pierre est manifesté dans ce qu’il est : un homme qui n’est pas dans le plein amour, qui hésite. C’est dans cette vérité-là qu’il est institué berger du troupeau.

Il est dans l’Ancien Testament un personnage qui ressemble à Pierre : le premier prêtre d’Israël, Aaron, le frère de Moïse. Juste après sa consécration sacerdotale, alors que Moïse s’est rendu au Sinaï dans l’intimité de Dieu, Aaron renie Dieu et son frère et il fabrique un veau d’or. Quand Moïse revient et lui demande des comptes, Aaron dit que ce n’est pas tout à fait lui, c’est le peuple qui… ( Exode 32). Dieu le démet-il alors de ses fonctions ? Pas du tout. Aaron reste bien grand prêtre et pour longtemps. Il apprendra seulement à coexister avec Dieu et à ne pas se vanter de ce qu’il n’est pas.

Le style de l’Église

Mes propos peuvent sembler durs ou déplacés, si l’on en reste au niveau de la psychologie élémentaire et des bons sentiments. En ce moment crucial de la fin de l’évangile et du commencement d’une ère nouvelle, notre texte nous place résolument sur le registre de la théologie. Il y a des personnalités différentes dans l’Église (non : nous ne sommes pas tous Pierre, de même que nous ne sommes pas tous Caïn ou pas tous des fils prodigues). La personne qui traîne les pieds et qui n’est pas prête à donner son tout, le Christ l’accueille et la promeut, pour peu qu’elle ne se donne pas pour autre qu’elle est, et qu’elle accepte de demeurer d’une manière ou d’une autre attachée au Christ. Même son goût du pouvoir peut lui valoir un "poste" dans lequel elle apprendra néanmoins qu’une autre logique s’y impose que celle de la domination humaine, trop humaine.

Le premier berger nous apparaît tel qu’il est dans la lumière du Christ ; personne n’est ainsi exempté d’être révélé dans cette même lumière. Les peintres des cathédrales, à la fin du moyen-âge, qui représentaient des jugements derniers dans lesquels des papes, des évêques étaient jetés en enfer, le savaient bien. Est-ce dire que tout détenteur d’une autorité dans l’Église a nécessairement renié le Christ et marche vers une fin vers laquelle il ne voudrait pas aller ? Non ! Il ne s’agit pas d’un système. Le Christ nous montre comment il peut s’y prendre avec les uns ou les autres. L’Église qu’il fonde est  ainsi réfractaire à toute arrogance : tout le monde y est en effet confronté à la question insistante du Christ : "m’aimes-tu ?". Cela confère à ladite Église un style qui n’a rien à voir avec les versions officielles et les cachoteries des sectes. On pourrait désigner ce style par un mot : la simplicité.
Philippe Lefebvre 04 13
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